zoom en arrière, partie 2 – les premiers jours

L’allaitement :

A la fin de ma grossesse, j’étais tellement à bout (de nerfs, de force), que je ne savais plus si j’avais envie d’allaiter ou pas. Pas par rapport à l’allaitement lui-même, mais par rapport au fait d’être la seule à nourrir ma mini-myrtille. Je ne savais pas si j’aurais l’énergie et j’avais peur que l’allaitement me prenne toute celle qui me restait. M. Myrtilles m’a convaincu d’essayer, me disant qu’il n’était pas possible de réfléchir raisonnablement à ce moment-là et que si je n’essayais pas, je risquais de le regretter, que je pouvais toujours arrêter à tout moment si c’était trop difficile.

Alors, j’ai eu la chance d’avoir ma petite tout de suite en peau à peau après sa naissance, puisqu’elle allait parfaitement bien. Instants magiques, auxquels je pense encore souvent. Puis, on me l’a prise quelques minutes le temps de la peser, de la mesurer et ensuite, la sage-femme m’a proposé de la mettre au sein. La grande question vu son petit poids était de savoir si elle allait pouvoir mobiliser suffisamment de force pour téter sans s’endormir trop vite. Rapidement, on m’a dit que sa prise de poids allait être très surveillée et que si elle était insuffisante, elle devrait prendre des compléments. Et là, je ne sais pas trop d’où l’énergie est venue, mais dans mon esprit, il était clair que j’allais tout faire pour que le lait maternel soit suffisant. Exit les doutes d’avant, balayés. Il y avait probablement un effet dopant des hormones post-accouchement, car oui, j’ai eu des moments de doute par la suite, mais là, tout de suite, il n’y en avait plus. Les premiers jours, en attendant la montée du lait, c’est le colostrum qui la nourrissait. Je devais passablement la stimuler pendant les tétées pour éviter qu’elle ne s’endorme, et assez vite, il s’est avéré qu’elle était très efficace au sein. C’est à dire qu’en quelques minutes, elle avait pris ce qu’il fallait. Au début, j’insistais beaucoup, je lui représentais le sein à plusieurs reprises, même s’il était clair qu’elle ne le voulait plus. On me parlait de tétées qui duraient tant de minutes en moyenne, chez moi, en moins de 10 minutes, c’était réglé et elle avait pris ce qu’elle devait et même plus. J’ai mis, à nouveau, du temps pour lui faire confiance. Même de retour à la maison, elle est restée très rapide, elle l’est toujours et bien que ce soit très pratique, surtout la nuit, c’est déroutant. Je n’ai pas de point de comparaison non plus, il faut dire. Toujours est-il qu’il est rare qu’elle dépasse les 15 minutes et en général, elle ne prend qu’un sein.

Au bout du 2ème jour, elle a commencé la jaunisse. Le 3ème jour, elle a dû aller 24h sous la lampe UV et moi qui m’habituais à l’avoir toujours avec moi dans la chambre, j’ai dû la laisser et on me l’amenait uniquement pour la nourrir, soit environ toutes les 2h30-3h. La lampe UV la faisait dormir encore plus, donc à moi de la stimuler encore plus. Même en sachant qu’il y avait une perte de poids normale au départ, quand elle est arrivée à 2.250 kg (poids de départ 2.460 kg), je ne vous dis pas la pression que je me mettais. Elle était pesée avant et après la tétée et les encouragements des sage-femmes m’ont beaucoup aidée. La courbe de poids est ensuite remontée, mais la jaunisse persistait. Le seul « avantage » de la lampe UV, c’est que j’ai pu dormir un peu mieux entre les tétées, car je n’étais pas à l’affût des moindres petits bruits qu’elle faisait.

Le 4ème jour, je me suis réveillée avec 2 obus à la place des seins… heureusement que l’on m’a dit que ça durerait 48h maximum, car je m’imaginais déjà devoir gérer l’écoulement du lait, les seins gonflés en permanence… On m’a donné des compresses qui m’ont bien soulagée et je conseille de prendre des t-shirts noirs à la maternité, car sur tous les autres, on voit l’écoulement du lait et même si c’est normal, moi ça me dérangeait un peu lors des visites… ça relève pour moi de la sphère intime. Pour ma mini, j’ai dû tirer une seule fois le colostrum, car elle était trop fatiguée pour bien téter. ça lui a redonné de l’énergie et ensuite ça a été bon. Je n’ai pas réalisé à quel point elle était petite, jusqu’à ce que je me retrouve à lui donner le bain à côté d’une maman d’un petit garçon de bien 3kg. Il me semblait énorme à côté d’elle !

J’ai bénéficié de beaucoup de conseils pour les différentes positions d’allaitement, que l’on recommande de varier pour éviter les crevasses. Aucun problème chez moi de ce côté-là. Une fois, j’allaitais couchée et je me suis assoupie. Je me suis réveillée en sursaut, certaine que je l’avais écrasée. Depuis, je n’ai plus allaité couchée quand j’étais trop fatiguée ! Aujourd’hui, 9 semaines après, je n’utilise plus qu’une position, la plus usitée, en berceuse. De 8 à 10 tétées au départ, nous sommes passées à 6-8. Elle dort maintenant de 21h30 environ à 2h30-3h, puis à nouveau jusqu’à 6h30 environ. Elle nous a fait 2 nuits de 21h30 à 5h30, puis à nouveau jusqu’à 8h, mais ce n’est pas encore très régulier. Et cela ne me dérange pas de me lever, ce sont des moments précieux, rien qu’à nous, dans l’ambiance tranquille du milieu de la nuit, avec juste le chat qui vient voir ce qui se passe.

Alors je mentirais si je ne mentionnais pas la fatigue. Au début, c’est rude. J’ai eu la chance que mon mari ait pu prendre congé presque 3 semaines à notre retour de la maternité et qu’il ait pris en charge les changes et les endormissements de la nuit, alors que moi je ne faisais « que » d’allaiter, puis je dormais un peu jusqu’à la prochaine tétée. J’ai eu la chance aussi d’avoir une petite fille qui s’est assez vite endormie facilement la nuit et qui se rendort toujours facilement et rapidement (la nuit, car la journée, impossible de la faire dormir dans son lit, mais je reviendrai là-dessus). La seule fois où ça a été la catastrophe, c’est lorsque nous avons été invités à manger chez des amis, avec en entrée une soupe contenant des poireaux et en plat une sauce avec des oignons… A déconseiller car vive les maux de ventre chez la petite ! Depuis, je fais assez attention à ce que je mange, comme moi elle est assez sensible, mais plus les semaines passent, mieux cela va.

Lorsque mon mari a repris le travail, j’ai aussi sollicité à plusieurs reprises ma maman et ma belle-maman pour garder mini-myrtilles entre 2 tétées l’après-midi, et faire une sieste. En effet, la journée, je l’ai beaucoup portée en écharpe et impossible sinon de compter sur sa sieste à elle pour me reposer. Ces courtes siestes la journée ont aussi été quasi indispensables au début, je dirais les 5-6 premières semaines. Ensuite, il y a eu une tétée de moins, puis 2, et c’est devenu plus gérable en termes de fatigue.

L’avantage de l’allaitement aussi, c’est la perte de poids. J’en avais pris très peu, mais j’ai un appétit d’ogre depuis la naissance et malgré les quantités que j’engloutis, je remets sans problème mes habits d’avant la grossesse.

J’ai eu des moments où j’ai eu envie de passer au biberon, mais ils n’ont pas duré. Et je suis contente de m’être accrochée, je compte bien désormais allaiter au moins 4 mois et si je peux, garder la tétée du matin et du soir après ma reprise du travail. De plus, les fois où j’ai eu envie de passer au biberon, c’est quand je ne décodais pas bien ses signaux, quand elle pleurait au sein parce qu’elle avait un rot coincé, ou justement quand c’est moi qui insistais après une énième tétée de moins de 10 minutes et où l’on s’énervait toutes les deux. A nouveau, j’ai dû apprendre à lui faire confiance, à me faire confiance, et ça a pris son temps. Ce n’est pas pour rien que l’on dit qu’il faut s’accrocher 40 jours et qu’ensuite, c’est plus facile. J’ai trouvé que cela correspondait assez à la (ma) réalité.

Maintenant, j’adore ces moments avec elle. Je vois aussi qu’elle reconnaît quand je me prépare, qu’elle sait que c’est le moment de manger. Elle me regarde de temps en temps pendant qu’elle tète, nos yeux se croisent, elle sourit et soupire d’aise et ce sont des moments dont je profite au maximum. Je sens sa chaleur, je caresse ses cheveux, je la respire, c’est très charnel encore.

Il est bien possible que tous ces détails ne soient pas passionnants, voire même totalement hors de propos pour qui n’est pas concerné. A nouveau, n’y voyez pas un manque de sensibilité pour celles qui vivent toujours l’attente… J’ai besoin de garder une trace de ces moments, de les revivre un peu par l’écriture et comme d’autres avant moi, je me suis posé la question si ce blog était le bon endroit. Mais après tout, ces moments sont la suite de mon attente à moi, ils sont conditionnés par ce que j’ai vécu avant et c’est pourquoi je continue d’écrire ici. Je n’oublie rien de l' »avant », bien au contraire. Et je pense à vous toutes.

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4 commentaires pour zoom en arrière, partie 2 – les premiers jours

  1. dit :

    Merci pour ce beau billet 🙂
    Je suis à 32SA+4 aujourd’hui…. jusqu’ il y a 1 mois en arrière, il était hors de question pour moi d’allaiter mon bébé… et puis, depuis quelques semaines, les choses changent dans ma tête, je me dis « pourquoi ne pas tenter, au moins? »… Je voudrais peut-être essayer, mais sans me mettre la pression de me dire  » si tu commences, il faut que tu y arrives le + longtemps possible »… et en même temps, ma pudeur de faire ça devant tout le monde, la peur du « sevrage » lorsqu’il viendra (parce que je reprendrai le travail quand le bébé aura 2mois et demis), la peur d’avoir mal, tout ça est encore bien présent dans ma tête…. il me reste un peu de temps pour y réfléchir et me décider… mais en lisant ton article si doux et apaisé, je me dis que ça vaut la peine au moins d’essayer 🙂
    Bises

    • 1000myrtilles dit :

      Coucou Cé !
      32 SA + 4, c’est fantastique ! Je suis vraiment contente de lire de tes nouvelles directement.
      Mon médecin m’avait dit exactement ce que tu écris, que le meilleur moyen de réussir l’allaitement, c’était de ne pas se mettre de pression. Ce n’est pas toujours facile, il y a les commentaires de ceux qui pensent qu’un bébé qui pleure a forcément faim et comme tu ne sais pas ce que ton bébé prend, tu te mets parfois à douter aussi et ce n’est pas évident. Je trouve aussi que le soutien du partenaire est essentiel. Après, comme j’ai écrit, j’ai eu la chance de ne pas avoir de douleurs, d’infections.
      La pudeur, oui, je te comprends, pour ma part, je me suis toujours débrouillée pour ne pas avoir à allaiter en public. Maintenant que je suis plus à l’aise, je le ferais si je devais, mais je n’emmène pas ma petite partout, je préfère m’arranger pour être de retour pour la tétée suivante. Même si je suis chez moi et que j’ai de la visite, je vais souvent dans une autre pièce, pas forcément par pudeur, mais parce que j’ai besoin de tranquillité.
      Quant au sevrage, oui, j’ai aussi la chance d’avoir un congé un peu plus long, mais j’y pense déjà aussi. Tu verras bien, peut-être que tu pourras garder la tétée du matin et du soir, c’est ce que j’espère de mon côté.
      Je ne suis pas une experte, mais je pense qu’y aller jour après jour, voire même tétée après tétée, c’est le meilleur moyen pour voir ce qui te/vous convient. Tu peux arrêter n’importe quand après tout et c’est une option d’allaiter, pas une obligation.
      Bonne fin de grossesse en tout cas !
      Bises

  2. madamepimpin dit :

    ouaaah c’est magique 🙂
    Moi qui avant tout ça n’aurait jamais imaginé qu’un jour un tel récit pourrait m’émouvoir… Eh bien là je suis toute émue et j’espère vraiment que j’aurai la chance de vivre cette expérience.
    Des gros bisous à toi et à ta toute mini Myrtille ❤

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