8 semaines – retour en arrière – partie 1

Tout d’abord, un grand merci pour vos petits mots), qui m’ont beaucoup touchée. J’ai laissé mon ordinateur de côté pour un temps (et donc la rédaction de billets et de commentaires, ainsi que de réponses). J’ai pu suivre en partie les blogs des unes et des autres via mon téléphone durant les tétées de la demoiselle mais je m’étais promis de venir redonner des nouvelles de l’APRES, donc les voici.

Retour sur le jour J, pour celles que cela intéresse – l’accouchement (ne lisez pas si vous ne voulez pas connaître cet épisode)

A 36 semaines et 4 jours, j’ai arrêté les médicaments anti-contractions avec autorisation de bouger normalement (après quasi 3 mois en position allongée, on se rend compte que la musculature fond très vite). Le lendemain, nous sommes allés acheter 2-3 petites choses qui nous manquaient encore : je ne suis pas restée debout longtemps, mais tout de même, cela changeait des jours passés. Le lendemain, un dimanche, dans la matinée, j’ai ressenti les premières contractions douloureuses. Elles se sont rapprochées jusqu’à 5 minutes d’intervalle, puis se sont arrêtées. Fausse alerte.

Le lundi, rebelotte. Cette fois, après 2h à 5 minutes, nous sommes partis pour l’hôpital. Enfin, nous y étions. Enfin, nous allions arriver à l’hôpital pour autre chose qu’une menace d’accouchement prématuré ou des saignements ou tout motif inquiétant. Sauf que le monitoring montrait bien des contractions bien fortes, mais aucun signe d’ouverture du col… Après ces semaines passées à tout faire pour qu’il ne s’ouvre pas, forcément… Nous voilà donc à devoir aller marcher dans le parc, à faire les escaliers entre deux contractions, pour essayer d’activer les choses. Mais rien n’y fait, aucun changement et on nous renvoie à la maison, nous et mes contractions. La nuit se passe à chercher une position rendant tout cela supportable. Le lendemain, Monsieur Myrtilles avait congé la journée et travaillait de nuit. Avec de la compagnie, la journée a passé, avec toujours des contractions douloureuses. A 17h30, Monsieur Myrtilles est parti travailler et je suis restée seule pour la nuit (et comme on le sait, la nuit, tout paraît plus intense). Impossible de dormir, les contractions gagnent encore en intensité. Elles sont tellement fortes que je commence à avoir des vomissements. J’avais lu quelque part que cela pouvait annoncer l’accouchement… A ce moment-là, ne sachant plus quoi faire, comment me tenir, je rappelle la maternité : prenez un bain, me conseillent-ils. Oui, volontiers, sauf que je ne m’imaginais pas prendre un bain seule, visualisant déjà la scène de moi bloquée dans la baignoire,  à ne pas réussir à en sortir sans aide. Il est 3h30 du matin, j’appelle M. Myrtilles pour lui demander si par hasard il peut se libérer 1h pour m’aider. Par chance, la nuit est calme et il rentre. Je prends mon bain, à deux, la situation gagne un peu en côté presque comique. Aucun changement. N’imaginant pas passer une journée de plus ainsi (cela fait joliment bientôt 48h de contractions qui font un mal de chien, sans dormir vraiment), nous retournons à l’hôpital. Nous sommes à 37+1.

Arrivés là-bas, on me dit que mon gynécologue va arriver pour sa garde à 7h30, par chance (il est 5h30) et qu’ils vont le laisser décider sur la suite, car, forcément, le col est toujours fermé. La sage-femme est très gentille, elle voit bien l’intensité des contractions et me dit qu’elle ne me voit pas rentrer à la maison une nouvelle fois. J’ai eu droit à au moins 3 ou 4 touchers (Madame, ça vous dérange si le stagiaire essaie ? Mais non, faites seulement, il faut bien apprendre, tant qu’à faire…).

Mon médecin arrive enfin et m’annonce que, d’une manière ou d’une autre, mini-Myrtilles arrivera aujourd’hui. Ils vont essayer d’activer encore les contractions, mais en me mettant une péridurale, et si cela ne fonctionne pas, ce sera une césarienne. J’espère que ce col va lâcher, mais dans ma tête, je me prépare à la césarienne. A 9h30, on me fait, enfin, la péridurale. Je m’étais dit que je n’en aurais pas forcément, que je verrais bien comment je gérerais la douleur, mais là, franchement, je n’en pouvais plus. Et à ce moment-là, c’est devenu un accouchement de rêve. Mini-Myrtilles était bien surveillée, pour être sûrs qu’elle ne souffrait pas des contractions, renforcées par un médicament. Les contractions étaient toujours là, mais je ne sentais plus rien. Je pouvais bouger mes jambes, mais la douleur était enfin partie. La péridurale ne m’a absolument pas fait mal. A 11h30, nouveau contrôle et rebelotte, col fermé. Cette fois, nous sommes convaincus d’aller vers une césarienne. La sage-femme me dit qu’elle a une dernière idée, elle m’injecte du Buscopan, qui selon elle aide parfois à décontracter (!) le col. 1h après, miracle, j’étais dilatée à 8cm. Mon gynécologue arrive et nous annonce que ça y est, on va me préparer pour pousser. On se regarde, Monsieur Myrtilles et moi, et réalisons que dans quelques heures, nous serons parents, nous verrons enfin notre petite fille.

A ce moment-là, tout est allé très – presque trop – vite. Je voulais pousser comme on me l’avait indiqué, soit sans bloquer ma respiration, mais on ne m’a pas laissé faire. Sur le moment, je n’étais pas en état de négocier, comme tout le monde dans la salle, je voulais juste qu’elle sorte, en bonne santé. L’effet de la péridurale commençait à s’atténuer et, sans que ce soit douloureux, je sentais très bien ma petite et ce que je devais faire. C’était juste parfait. J’ai dû pousser 6-7 fois, et je la tenais dans mes bras. Il faut dire que son petit gabarit m’a sans aucun doute facilité la tâche.

Je me souviens chaque jour encore de ce moment extraordinaire où je l’ai prise des mains du médecin qui me la tendait, où elle avait les yeux grands ouverts, sans pleurs, à me regarder. Nos regards se sont croisés, je lui ai dit bonjour et depuis cet instant, mon coeur lui appartient, pour toujours.

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5 commentaires pour 8 semaines – retour en arrière – partie 1

  1. AH la la je suis à37 SA + 5 et je me dis que mon tour arrive… gloups !!!! mais ton expérience me rassure….. je croise les doigts et j’attends la suite de ton aventure !!!

    • 1000myrtilles dit :

      Oui, c’est fantastique d’être arrivée jusque là et de plus tu n’as pas perdu ton temps avec toutes tes jolies créations! N’oublie pas d’emballer des t-shirts dans ta valise maternité (référence à l’un de tes billets), car la montée du lait, c’est chouette 😉

  2. Merci pour ce joli récit.
    Bonne continuation 🙂

  3. dit :

    on te sent si apaisée dans ce billet… 🙂
    bises

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