Sprint final

Eh oui, on y arrive petit à petit, au dernier mois. Mardi prochain, nous serons à 36SA.

La dernière hospitalisation a été plus courte que prévue, car la situation était stable et apparemment, ils étaient un peu coincés en termes de place. Même si d’abord ils pensaient me garder jusqu’à 34SA, finalement, je ne suis restée que 2 nuits, le temps de faire la seconde cure de maturation pulmonaire. Ces cures consistent en 2 injections de cortisone à 24h d’intervalle et peuvent comme effet secondaire faire augmenter les contractions (chouette). La première fois, ça n’était pas arrivé. Cette fois-ci, la première injection a été suivie de 4h de contractions toutes les 5 minutes, toujours non douloureuses, mais néanmoins stressantes. Comme j’ai déjà eu des périodes de contractions rapprochées, qui s’arrêtaient toujours, j’ai d’abord patienté dans ma chambre, essayant tant bien que mal de trouver une position qui me permettrait de dormir et qui me détendrait le ventre. Résultat : j’ai fait la crêpe pendant  3 heures. Après quoi, je me suis finalement décidée à appeler la sage-femme, qui m’a donné une dose supplémentaire du médicament que je prenais déjà, plus un complément à base de plantes (Bryophyllum : apparemment, ce complément est de plus en plus utilisé car sans effets secondaires et permettrait selon les études déjà faites d’agir sur les contractions). Elle m’a aussi conseillé de rester dans une même position, de laisser venir la contraction et de respirer, plutôt que d’essayer de l’éviter en changeant de position. Je pense que c’était un bon conseil et au final, toutes ces mesures aidant, cela s’est calmé.

Le plus drôle, c’est que le lendemain, j’ai du coup eu droit à une nouvelle mesure du col (rappelez-vous que mon gynécologue n’avait pas réussi à la faire, il avait juste organisé l’hospitalisation suite à son constat de col très raccourci). Et… le col n’avait pas bougé, toujours 15mm. Mini- Myrtilles grandit bien, les échanges materno-foetaux sont parfaits selon le doppler.

A 36SA, je peux arrêter les médicaments.Hier, j’ai utilisé mon dernier Utrogestan. Non sans un certain soulagement, je l’avoue. Ca m’aura fait 27 semaines sous Utrogestan…

A 36SA, je peux reprendre une vie normale (enfin, après presque 2 mois de canapé, la fonte musculaire, le souffle court, ça restera limité, mais tout de même). J’espère pouvoir terminer 2-3 petites choses dans la chambre, les derniers achats, bien que j’aie pu faire beaucoup par internet et quel plaisir de recevoir les paquets, de les ouvrir, un peu Noël à chaque fois).

Je veux aller le plus loin possible dans le sprint final, mais je suis fière de moi, fière d’avoir tenu jusqu’à maintenant, fière aussi de M. Myrtilles qui malgré de grosses journées de travail, faisait encore le nécessaire le soir à la maison. Et reconnaissante envers nos familles qui se sont relayées pour être aux petits soins et m’éviter au maximum de me lever. On pourra dire que cette grossesse a été un travail d’équipe !

J’en viens au paradoxe de ce dernier mois, avec le thème récurrent des angoisses. Autant mes angoisses à moi se sont focalisées sur l’accouchement prématuré, alors que M. Myrtilles restait très confiant et certain qu’il n’y aurait pas de grande prématurité, autant je réalise qu’il est extrêmement inquiet pour l’accouchement-même. Il faut dire que dans notre entourage proche, il y a eu plusieurs naissances par voie basse qui ont bien failli se terminer en grande catastrophe, même si aujourd’hui tout va bien.

Je ne dis pas que je n’ai pas d’angoisses, non. Mais je me dis que l’équipe médicale est informée de notre situation, de nos peurs, qu’ils savent qu’à la moindre alerte nous ne voulons pas insister par voie basse, et je n’ai pas de raison de ne pas leur faire confiance. J’ai aussi confiance en ma petite fille, je sais qu’elle est forte et je sais qu’elle nous fera comprendre si quelque chose ne devait pas lui convenir. Je me suis préparée à l’accompagner pendant cette naissance, c’est la préparation que nous avons choisie à travers l’haptonomie.

Je crois que M. Myrtilles se sentirait mieux si c’était une césarienne qui était prévue, mais mon médecin est d’avis qu’il ne faut pas partir d’emblée sur cette option, sachant que je n’ai aucun critère pour cela. Pour ma part, cela me convient, j’ai envie d’aborder au moins cette étape avec confiance et j’espère qu’il le pourra aussi. C’est finalement toujours une question de contrôle : autant pour moi c’est la grossesse en elle-même qui a été difficile, autant pour lui c’est la naissance, avec la peur pour les deux qu’au tout dernier moment, on nous reprenne ce que nous avons tant espéré.

Nous nous réjouissons de faire sa connaissance, tellement. Les émotions de joie, de bonheur, longtemps voilées et dominées par les inquiétudes, peuvent enfin s’exprimer autrement que par de petites allusions par ci par là, et cela fait un bien fou. Peut-être que c’est aussi grâce à cela que nous avons enfin arrêté un choix pour le prénom, après beaucoup de négociations : la première liste que nous avions faite (10 prénoms chacun) ne comportait aucun nom en commun !

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7 commentaires pour Sprint final

  1. Moi aussi je suis très fière de toi 🙂 ( je suis sûre que ca te fait une belle jambe ^^). Sacrée guerrière ! J’aurais aimé avoir une maman comme toi… qui se batte pour moi. Ta fifille a énormément de chance de naître dans votre foyer. Des gros bisous

  2. J’ai peur de tout, de la grossesse (justifié), de l’accouchement par les risques qu’il comporte (bien moins justifié : on est à égalité avec le reste de nos concitoyens), alors je ne peux que comprendre vos appréhensions.
    36SA mardi. C’est chouette. Plein de bisous miss

    • 1000myrtilles dit :

      Oui, ce sont des craintes qui sont viscérales, parce qu’elles sont issues d’un vécu dans notre corps, je pense. Et finalement j’ai réalisé qu’on perdait plus d’énergie à lutter contre elles qu’à accepter qu’elles font partie de notre histoire… Je suis attentivement tes grains de maïs!

  3. dit :

    il est tout émouvant et touchant, cet article !!!! 🙂 Ici, les angoisses ressurgissent, et en te lisant, j’en serait presque à vouloir en être au même point que toi ( et vlan, la culpabilité d ene pas savourer chaque jour à cause de ces foutues angoisses!!!!).
    Prends soin de toi, de ta minette, profite des derniers moments avec ton bidon!
    Bises

    • 1000myrtilles dit :

      Coucou Cé, j’espère que tu vas bien. Je te comprends, moi aussi j’enviais celles qui étaient plus avancées que moi (et je me disais que quand j’en serais à leur stade, non, certainement, je n’aurais plus d’angoisses…hum….). Tu verras, tu y seras vite (je sais, c’est facile à dire, mais le temps passe, même si parfois on a l’impression que c’est très très très long !).
      Bises

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