Pour elle(s)

Elle aurait eu 105 ans aujourd’hui. Ma grand-mère maternelle dont j’ai déjà un peu parlé ici. Je pense souvent à elle pendant cette grossesse. J’aurais aimé pouvoir la partager avec elle. Je lui ai souvent (et ça m’arrive encore) demandé de là où elle est, de m’aider à trouver la confiance et la sérénité, dans les moments de crainte. Les craintes évoluent, maintenant c’est quand j’ai une série de contractions qui s’enchaînent, du style hier après-midi, je pense bien toutes les 5 minutes pendant une heure. Je commence à m’y faire, je sais que ça arrive, que ça s’arrête, que c’est comme ça, que ça fait partie de cette grossesse que je le veuille ou non. Et sans doute, si je m’inspire de la philosophie de ma grand-maman, plus je les accepte, mieux je les vivrai.

Il y a peu de personnes – précieuses – avec qui je me sens vraiment libre de me montrer telle que je suis. Cela me fait toujours sourire quand quelqu’un m’avoue après un certain temps que je lui donnais l’impression d’être plutôt sûre de moi, à l’aise socialement, plutôt rationnelle, maîtrisant mes émotions, gérant bien le stress, ne se posant pas trop de questions et que ce n’est qu’en me connaissant mieux qu’il ou elle a constaté que ce n’est pas si vrai que cela. Je pense qu’au niveau professionnel, par exemple, c’est l’image que je donne. Mais je suis fondamentalement quelqu’un d’émotif, qui mesure attentivement à qui elle a à faire, avant d’accorder sa confiance. J’ai toujours eu beaucoup de difficultés, en tout cas pendant l’enfance, à gérer ce côté très sensible, que ce soit au jugement d’autrui, aux émotions en général (j’ai un côté un peu « éponge », je pense) et ma grand-maman est sans doute parmi les personnes qui ont le mieux compris ces traits de caractère.

Pour ma maman, par contre, il me semble que ça a toujours été plus compliqué. Je pense qu’il lui a été difficile de gérer ou de m’aider à gérer mes émotions, quand j’étais petite. Et par la force des choses ensuite je me suis évertuée à les cacher. Et du coup, à l’adolescence, je me suis entendu dire que je communiquais peu sur ce que je vivais. Forcément. Peut-être qu’elle aurait souhaité qu’on soit plus complices, que je me confie davantage, je ne sais pas. Toujours est-il que c’est ma grand-maman qui a rempli ce rôle. Ma maman a toujours eu et a encore des idées très arrêtées sur tout, et c’est difficile d’avoir un autre point de vue qu’elle, ce qui fait que la discussion fonctionne bien lorsque l’on est du même avis, et beaucoup moins bien dans le cas contraire. Elle aime, accepte, apprécie, respecte… ou pas. Il n’y a pas d’entre deux. J’observe que dans ses relations amicales, si quelqu’un dit ou fait quelque chose qui ne rentre pas dans son cadre à elle, elle peut remettre en question toute la relation. Elle l’a déjà fait. Elle est extrêmement exigeante envers elle-même et les autres.  Mais je pense, je sais, que tout cela cache aussi une grande sensibilité, mais elle s’en défend à tout prix (chose qu’il m’est impossible de faire, car je ne peux pas cacher mes émotions).

Pourquoi est-ce que j’écris tout cela… Eh bien le scoop du jour, comme certaines l’ont déjà plus ou moins deviné, c’est que nous attendons une petite fille. Nous ne le disons à personne, mais ici, c’est différent et personne de mon entourage ne connaît l’existence de ce blog. Pour Monsieur Myrtilles, c’était important de connaître le sexe et il est tout content.

Je m’interroge par conséquent beaucoup sur la complexité des relations mère-fille. Je me demande comment sera la mienne avec notre fille, comment elle s’entendra avec sa grand-maman. Peut-être que je découvrirai d’autres côtés de ma maman dans ses interactions avec sa petite-fille. Peut-être que cela aura aussi une influence sur notre relation actuelle (qui n’est de loin pas mauvaise, d’ailleurs).

Ce billet est pour elles. Et pour que je me souvienne que relations complexes ne veut pas dire dénuées d’amour.

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7 commentaires pour Pour elle(s)

  1. Lulu dit :

    Une fille ! Ouahh. Quelle joie !

  2. Kaymet dit :

    Ça va être chouette une fille!! (ceci dit, ça aurait été tout aussi chouette un petit gars 😉 😉 ).
    C’est drôle, ce que tu racontes sur ta mère et toi, j’aurais presque pu raconter la même chose. Je me suis très longtemps coupée de mes sentiments et j’ai toujours « fait en sorte » d’être du même avis qu’elle pour simplifier les choses, et parce que l’exigence était là – et puis je me suis entendu dire à l’adolescence que c’était bien dommage, qu’on ne communiquait pas comme les autres mères-filles…
    Mais le lien que tu auras avec ta fille sera forcément différent. Parce que tu as ce recul par rapport à ce que tu as vécu, et que ça, ça change tout!

    • 1000myrtilles dit :

      On aurait pris un petit gars aussi 😉 aucune préférence du moment que tout va bien… Tiens, toi aussi ce n’était pas évident avec ta maman ? Oui, on verra bien, ce qui est sûr, c’est que je ne suis pas ma mère, et ma fille n’est pas moi, ça donnera forcément un autre mélange, un autre type de relation! Et comme tu dis, j’espère pouvoir prendre le recul nécessaire !

  3. celine dit :

    Ah super,une minette :-)j aimerais bcp aussi ms serai aussi très heureuse si c est un petit gars….j voudrais tellement garder la surprise jusqu au bout,reste à convaincre mon amoureux^^
    pr ce qui est de votre future relation … Déjà,tu n es pas ta maman et ta fille ne sera pas toi. Et puis le simple fait que tu t poses la question témoigne de ta volonté de ne pas retomber ds ce qui »travers »

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