12 semaines

Finalement…

Ces 12 premières semaines d’aménorrhée sont derrière nous. C’était long. Et même si devant nous s’annonce dans une semaine l’échographie du 1er trimestre, avec le résultat de la prise de sang et la mesure de la clarté nucale, pour moi, psychologiquement, c’est un cap. Un cap, parce que je n’avais plus confiance en mon corps, en sa capacité à créer la vie, puis à la nourrir. Donc en ma capacité, somme toute. Bien sûr, on sait que le chemin est encore long. Je sais (je veux dire, je sais rationnellement) qu’aucun des échecs précédents n’est de ma faute, ni de celle de mon corps. Mais quand même, ensuite revenaient toujours ces questions lancinantes « pourquoi est-ce que ça ne tient pas ? », « est-ce que ça peut tenir ? ». Et au fond de moi le doute d’être tout simplement capable de « faire tenir ». Réactivée par l’hématome qui s’est présenté cette fois-ci.

Rationnellement, encore une fois, je sais, c’est la nature. C’est elle qui décide. Ou alors il y a des causes physiques, endocrinologiques, génétiques, que sais-je, mais ce n’est encore une fois pas de notre faute. Emotionnellement, c’est une autre affaire, toujours la même d’ailleurs (j’ai l’impression que je me répète beaucoup ici). C’est difficile de ne pas prendre cela sur soi, de garder la tête haute, de ne pas se sentir « en échec » par rapport à d’autres. Peut-être aussi que, toujours à cause de cette règle des 12 semaines, un arrêt de grossesse dans cet intervalle est vu comme quelque chose qu’on ne mentionne pas, et donc on tait aussi la souffrance qui l’accompagne, qui elle non plus par conséquent n’existe pas, et dérange ceux qui n’y sont pas confrontés.

A part ici, j’ai très peu parlé de l’angoisse de ces premières semaines. Elle aussi, je sentais qu’elle dérangeait. Non qu’on ne l’entende pas, mais les gens, même proches, ne savent juste pas quoi faire avec, ne comprennent pas que l’on puisse être si prompt à envisager tout ce qui pourrait mal aller. Ils n’admettent pas l’ambivalence qui accompagne la grossesse, cela devrait être une période forcément dominée par la joie. Mais non, pas toujours. Si on a vécu des fausses-couches, on compare forcément chaque sensation à ce que l’on connaît déjà et si la seule chose que l’on connaît en terme de grossesse, c’est son arrêt, vous imaginez… Mais on ne connaît rien d’autre, on ne sait pas ce qui est normal et ce qui ne l’est pas, aucune femme ne le sait, je suppose, mais moi, j’avais (j’ai toujours), ce biais-là.

J’ai envie de comparer ces 12 semaines à un long tunnel, avec parfois des passages en surface, où la lumière est plus vive et au bout, la route qui continue, sinueuse encore, mais à l’air libre, avec une ligne  d’horizon au loin.

Voilà pour l’état des lieux psychologique !

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Physiquement, si je récapitule :

Poitrine : au début, jusqu’à 10SA environ, la poitrine était parfois un peu gonflée, parfois moins, parfois pas. Douleurs sur les côtés assez constantes, mais pas très fortes. Depuis 10-11 sa, poitrine davantage gonflée (toutes proportions gardées comme je l’ai déjà dit), assez sensible, mais je peux sans autre me coucher sur le ventre.

Ventre : plat le matin, on ne voit rien. Aucune prise de poids à ce jour (plutôt perte en raison de passablement de dégoûts alimentaires). Je continue de mettre tous mes habits sans problème. Le soir, par contre, il est plus gonflé, ce qui peut être un peu douloureux (voir très) chez moi, la nuit. Je ne peux plus manger certains aliments que je digère moins bien et ça, depuis environ 6SA.

Crampes-tiraillements : depuis le début, à intervalles réguliers. Pas tous les jours, mais c’est comme si tous les 3-4 jours environ, il y avait une nécessité d’élargir un peu tout ça et ça entraîne différentes douleurs, pointes à différents endroits, y compris dans le dos.

Nausées : assez vite, plutôt des dégoûts de plein de choses et ce n’est pas les mêmes chaque jour. Des vraies nausées (toute la journée) seulement depuis 9-10 SA et là, j’ai l’impression que ça va un peu mieux.

Peau : nette. Chez moi, début de grossesse = absence de boutons. C’est bien agréable.

Fatigue : difficile à dire. J’ai très mal dormi jusqu’à ce qu’on sache que l’hématome s’est résorbé. J’ai plutôt un plus mauvais sommeil qu’avant, aussi parce que je dois me lever plus souvent. Mais là, depuis 1 semaine, je me sens plus fatiguée l’après-midi et le soir, même si je dors bien. Peut-être que je suis un peu plus détendue aussi.

Sinon, j’ai constaté que mon chat est beaucoup plus présent, voire collant. Il est souvent vers moi, il me suit. J’aime bien.

Ah oui, je dois (je peux!) arrêter l’Utrogestan. J’ai décidé de ne pas arrêter d’un coup, je ne sais pas si ça sert à quelque chose, mais ça me rassure comme ça… L’Utrogestan, ce n’est pas très agréable, mais c’est malgré tout devenu matin et soir un petit rituel « protecteur »… je sais, ça craint de dire ça…

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Mes réflexions sur la suite (échographie du 1er trimestre – clarté nucale – tritest)

Premièrement, j’espère que son coeur battera toujours (oui, on ne se refait pas…). On sait qu’à 11+4, il allait bien. On sera à 13+2.

J’ai passablement réfléchi à ce tritest. J’ai peur que vu mon âge (39 ans), il ne soit pas terrible. Je ne sais pas si c’est bien de le faire ou pas, ou si on aurait dû se baser uniquement sur la clarté nucale et l’échographie.

Je sais que je serais très très réticente à l’amniocentèse, si on me la proposait. On en a un peu parlé avec Monsieur Myrtilles et on peut maintenant faire un test (non remboursé par les assurances et assez coûteux) par prise de sang pour détecter à 99.9% la T21. C’est censé être possible aussi pour les T13 et T18, mais la gynécologue nous a dit qu’on ne pouvait le faire que pour la T21 pour l’instant. C’est tout nouveau. Elle a quasi exclu la T13 à la dernière échographie. Un bébé avec la T18 n’est en général pas viable et meurt in utero ou peu après la naissance. Après, bien sûr, il y a tout ce que l’on peut détecter lors des échographies morphologiques. Nous nous sommes donc dit que nous ferions confiance aux échographies pour détecter un éventuel problème et que si le doute concernait la T21, nous ferions la prise de sang. Et même s’il devait être porteur de la T21, nous ne savons pas quelle serait notre décision. J’espère que nous n’aurons pas à nous poser la question. Mais voilà, nous ne prendrions à priori pas le risque de l’amniocentèse.

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Ceci m’amène à parler d’une émission que nous avons vue récemment, sur le DPI (diagnostic préimplantatoire). Ici, en Suisse, où le don d’ovocytes n’est pas autorisé (le don de sperme oui), le diagnostic préimplantatoire ne l’est pas non plus. Ce sera soumis en votation populaire en 2014. L’émission a suivi 2 couples qui sont allés en Belgique pour ce faire (car l’un d’eux était porteur sain d’une mutation génétique qui pouvait par contre entraîner de graves problèmes chez un enfant). L’émission m’a touchée pour différentes raisons. D’une part, car je trouve aberrant que l’que l’on interdise le DPI  pour les couples qui sont à haut risque sur le plan génétique, alors qu’on ne leur laisse pas d’autre choix que de ne pas tenter de grossesse ou d’être confrontés à l’interruption médicale de grossesse, qui a par conséquent souvent lieu tardivement et est donc d’autant plus traumatisante. Deuxièmement, le coût d’une telle démarche à l’étranger, si l’on compte encore les déplacements, le logement sur place, empêche à lui seul certains couples d’accéder à cette possibilité. C’est d’ailleurs déjà le cas pour la FIV, qui n’est pas remboursée par l’assurance maladie ici. L’un des couples de l’émission a d’ailleurs eu 4 ovocytes prélevés, un seul embryon, malheureusement porteur de la malformation. Et tout s’arrête pour eux, faute de moyens. 

J’espère vraiment qu’en 2014, la population verra un peu plus loin que récemment, où elle a réussi à refuser une réforme de la politique familiale, visant à assurer une offre suffisante en garderie…

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10 commentaires pour 12 semaines

  1. Kaymet dit :

    Je te souhaite une parfaite écho la semaine prochaine et que la suite se passe dans une jolie sérénité.
    Des bises

  2. dit :

    je viens de relire tes articles, depuis le début de ce « cycle gagnant »… que de chemin parcouru, déjà 🙂 tout comme kaymet, j’espère que tout sera parfait la semaine prochaine 🙂
    bises

  3. Mastacloue dit :

    Ah, comme c’est bien d’arriver à 12 SA, c’est un vrai cap (plutôt psychologique) de passé. Je suis contente pour toi.
    Ce que tu racontes sur l’utro ne me parait pas étonnant: bien sûr, physiquement, on aimerait toutes s’en passer, mais finalement, c’est notre barrière de protection…très ambivalent tout ça, tu le décris très bien.
    Pour les conditions de la PMA en Suisse, je ne savais pas et c’est assez dingue! Ca nous rappelle encore combien nous sommes chanceux ici, de l’autre côté de la frontière…
    Allez, bonne semaines, Myrtille!

    • 1000myrtilles dit :

      Oui, la Suisse est très conservatrice pour la PMA, c’est fou. Et c’est surtout cette « sélection » par les moyens financiers qui est choquante. Utrogestan arrêté, YES !

  4. Tu es sortie du tunnel !!! Bisous

  5. Il est agréable ce passage des 12 semaines! Profite…
    Autrement je vois que tu es sur la Suisse? Genève, Lausanne? C’est rare sur ces blogs…Moi je suis une romande à Zurich…
    Bises et bonne suite!

    • 1000myrtilles dit :

      Oui, il est agréable ! merci pour ta visite ! Du coup je suis allée faire un tour chez toi aussi et je continuerai ! En plus une autre romande, c’est vrai, c’est rare ! Moi je suis une vaudoise exilée en Valais 😉 Une partie de ma famille est près de Zurich, j’y étais à Pâques. Pas trop difficile l’exil ? Bonne suite à toi aussi, bises

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