La règle des 12 semaines ou comment tout compliquer

La question de la complexité de la communicaton et des relations avec notre entourage, durant ce parcours PMA-désir d’enfant a déjà été évoquée à de nombreuses reprises sur la blogosphère. Nos familles, 1 ou 2 amis de Monsieur,  et la plupart de mes amies  proches sont au courant pour notre parcours, et savent que nous avons déjà perdu des grossesses.

Pour cette grossesse en cours, c’est un peu particulier, parce que je crois qu’en fait il y a davantage de gens qui au fond ne me connaissent pas qui sont au courant (sans parler de la blogosphère), que de personnes proches. Nous en avons parlé à nos familles, à un couple d’amis et pour ma part à ma meilleure amie. Par contre, la plupart de mes collègues sont au courant ou se doutent à différents degrés. Mon chef était au courant de nos démarches PMA parce que c’était plus simple pour moi de lui dire la vérité pour expliquer mes absences pas toujours anticipables longtemps à l’avance. Puis j’ai donné mon accord pour qu’il communique la raison de mon absence prolongée du travail à mes collègues directs. Je suis toujours plus ou moins à l’aise avec cette décision aujourd’hui. J’ai reçu quelques messages de soutien de collègues, dont j’ai appris par la suite qu’elles avaient aussi passé par des difficultés. Je pense aussi avoir plus de compréhension de la part de mon entourage professionnel pour mon absence que s’ils en ignoraient la raison et étaient du coup libres de supposer tout et rien.

Toutefois, je ressens très fortement le paradoxe d’avoir révélé quelque chose que je considère encore comme très intime, à des personnes dont je ne suis pas vraiment proche, alors que d’autres, qui comptent énormément pour moi, ignorent en fait tout ce que je vis en ce moment. J’espère pouvoir d’ici quelques semaines leur annoncer une bonne nouvelle et je crois que c’est ça, la clé : la notion de BONNE nouvelle. En soi, bien sûr que si je l’annonçais maintenant, ce serait aussi une bonne nouvelle. Mais j’ai bien vu à l’époque que ce n’était pas facile pour certaines de mes amies de savoir quoi dire quand j’ai parlé de fausse-couche. A ma première grossesse, la grossesse de la naïveté, j’étais tellement contente que je l’ai dit assez vite à 2-3 amies proches, avant les 12 semaines REGLEMENTAIRES. J’ai quand même ressenti le reproche, implicite bien sûr, que je n’avais pas respecté LA REGLE DES 12 SEMAINES. Et que la prochaine fois, ce serait peut-être quand même mieux. Pourquoi ?

Aujourd’hui, dans cette attente interminable pleine de doutes parfois, elle m’exaspère, cette règle.

Sérieusement, est-ce que ça ne serait pas plus simple de pouvoir sans surprendre voir choquer en parler quand on en a envie ou besoin ? Ou alors est-ce que je m’illusionne complètement ?

J’ai entendu par exemple : « la prochaine fois, ne nous dites pas si tôt parce qu’on va stresser aussi ». Bien sûr, elle part d’une bonne intention, cette phrase, je sais bien. La fois où par contre je n’ai rien dit mais où j’ai mentionné que j’avais fait une fausse-couche, on m’a dit « ah ben c’est bizarre ça, d’apprendre en même temps que tu as été enceinte et que tu ne l’es plus ». Euh oui, mais je n’ai pas décidé, figure-toi.

Pourquoi est-ce que c’est si tabou ? Pourquoi veut-on faire comme si ces grossesses arrêtées (si nombreuses quand même, dans la population) ne valaient pas la peine qu’on en parle ? Ou ne veut-on pas les voir ? ne veut-on pas admettre que oui, malheureusement cela arrive ? Ne peut-on pas dire par exemple, je suis enceinte de tant de semaine et je suis encore assez angoissée ? tout le monde saurait très bien à quoi on fait allusion.

J’ai parcouru sur un site anglophone un texte mentionnant une initiative pour créer une sorte de signe distinctif (du style petit ruban) en solidarité avec toutes les femmes confrontées à l’infertilité. J’avais trouvé l’idée intéressante. Par exemple, toutes les fois où l’on se retrouve dans une salle d’attente avec des ventres ronds, si on pouvait voir ce ruban, je crois que ça me ferait du bien.  Et si je me retrouve (croisons !) dans la situation d’avoir un ventre rond dans une salle d’attente de gynéco, je serais contente de le porter.

Tout cela pour dire que je ne suis pas encore à 12 semaines et que c’est donc ici que je me défoule un peu… Je ne suis pas pessimiste, je suis juste dans l’attente. Et l’espoir se fait peu à peu plus fort.

Publicités
Cet article, publié dans autre chose, En avant toute, l'attente, les autres, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

7 commentaires pour La règle des 12 semaines ou comment tout compliquer

  1. Mastacloue dit :

    Je suis complètement d’accord avec toi!! Autant je comprends qu’on n’annonce pas la grossesse avant « les 12 semaines réglementaires » aux gens qui ne sont pas proches, autant je ne comprends pas pourquoi on ne pourrait pas le faire avec les gens proches: ceux avec qui on a envie de partager le grand bonheur de cette grossesse, même débutante; les angoisses du début (qu’il faut sinon vivre seuls, quelle injustice!); et aussi la fausse couche quand elle arrive. Pourquoi nos ami(e)s proches ne pourraient pas nous soutenir si on fait une fausse couche? On en a besoin! Alors que si tu n’annonces à personne, elle peut passer complètement inaperçue aux yeux de tes amies et toi, tu as vécu le truc dans ton coin, sans pouvoir le partager…
    Je trouve ça bizarre.
    Mais bon courage à toi jusqu’à ces 12 semaines, pour pouvoir enfin te libérer et l’an-non-cer!
    Bises

  2. Kaymet dit :

    Je suis 100% d’accord avec toi.
    Je me disais d’ailleurs que si j’ai la chance de tomber enceinte après notre FIV2, j’aimerais l’annoncer à ma famille assez tôt – parce qu’aujourd’hui, je n’ai pas eu l’occasion de parler de ma fausse couche avec mes frères par exemple, alors que ça a été pour moi un vécu essentiel et que j’ai besoin de partager. Et je préfèrerais pouvoir annoncer un bonheur, quitte à prendre le risque d’ensuite partager un événement triste, parce que les deux ont de toute façon leur importance.
    En tout cas, je te souhaite que tu n’aies plus que de belles choses à annoncer autour de toi.
    Bises

    • 1000myrtilles dit :

      Je te souhaite aussi de pouvoir bientôt partager cette période avec tes proches. Et effectivement, c’est ce que je me suis dit, autant annoncer un bonheur, même si rien n’est gagné. Bises

  3. dit :

    un jour après l’autre… pas facile à gérer, j’imagine, mais les 12 semaines se rapprochent petit à petit. Et puis ns on est là pour te lire, te soutenir 🙂
    bisous

  4. Ping : A partir de quand ? | Pile ou Face

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s